Une appli de gestion sur mesure : étude de cas avec une revendeuse du Valenciennois
Il y avait un tableur Google Sheets. Bien tenu, au départ. Des colonnes pour le nom de l’article, le prix payé, le prix de revente visé, une formule pour la marge. Et puis le stock a grossi, les plateformes se sont multipliées, les colonnes aussi.
Au bout d’un moment, plus personne ne savait vraiment ce qui était vendu, ce qui attendait encore, si le mois avait été bon ou pas. Il fallait ouvrir le tableur, faire des filtres, recalculer à la main.
C’est dans cet état qu’une cliente du Valenciennois est venue nous voir.
Le contexte
Elle achète des vêtements d’occasion, les prépare, et les revend sur différentes plateformes : lives en ligne, brocantes, annonces. Des dizaines d’articles en rotation permanente, chacun avec son propre coût d’achat, ses frais de port, son prix cible.
Son problème n’était pas commercial. Elle savait ce qu’elle faisait, elle vendait bien. Le problème, c’était la gestion. Elle passait trop de temps à chercher des informations qu’elle aurait dû avoir en deux secondes. Et elle ne savait pas où elle en était par rapport au plafond annuel de déclaration pour la revente d’occasion, un seuil légal à surveiller.
On a regardé ce qui existait. Des applis de gestion de stock, oui, mais pensées pour les e-commerçants avec codes-barres, entrepôts, fournisseurs récurrents. Pas pour quelqu’un qui achète pièce par pièce, chaque article unique. Soit trop lourd, soit trop limité, soit abonnement mensuel pour 10% des fonctionnalités utiles.
On a fait une application sur mesure.
Ce qu’on a construit
Le tableau de bord

La première chose qu’elle voit : quatre tuiles colorées, une barre de progression, des actions rapides. Bénéfice total depuis le début, chiffre de l’année en cours, articles en stock avec leur potentiel de gains. Et la progression vers le plafond annuel, avec un code couleur : bleu quand on est loin, orange quand on s’approche, rouge si ça chauffe.
Vik : « Un tableau de bord, c’est comme la barre de vie dans un jeu vidéo. Si t’es obligé de compter les dégâts à la main, c’est que le jeu est cassé. »
La saisie des achats

Chaque article passe par un formulaire simple : nom, coût d’achat, frais de port, prix cible. Dès qu’on tape le prix cible, le bénéfice estimé s’affiche en temps réel, pendant la saisie. On sait tout de suite si c’est rentable ou si le prix est sous-estimé.
La liste affiche ensuite chaque article avec son statut (en stock / vendu) et un badge de gain. D’un coup d’oeil, on voit ce qui attend et ce qui est parti.
Le suivi du stock

La page stock liste les articles en attente avec, pour chacun, une barre de progression verte qui représente la marge attendue. Un article à 264% de marge, ça s’affiche clairement. Un article qui stagne trop longtemps, ça se repère aussi.
Vik : « Dans le commerce viking, on savait exactement ce qu’il y avait dans la cale avant de quitter le port. Ceux qui ne savaient pas revenaient les mains vides. »
L’enregistrement des ventes
Quand un article part : prix réalisé, commission de la plateforme. Le bénéfice net est calculé automatiquement, l’article bascule en “vendu”, le total du tableau de bord se met à jour.
Si une vente tombe à l’eau, deux cas possibles : retour avec remboursement (la vente est annulée, l’article repart en stock) ou sans remboursement (l’argent est acquis, l’article revient en stock quand même). Les deux ont des conséquences différentes sur les chiffres, les deux sont gérés proprement.
Pourquoi sur mesure
C’est la question qui revient. “Il n’y a pas déjà quelque chose pour ça ?”
Souvent, il y a quelque chose. Mais “quelque chose” et “ce qu’il faut exactement” c’est rarement pareil.
Les outils généralistes de stock sont construits autour de références fixes, de fournisseurs récurrents, de niveaux de réapprovisionnement. Pas autour d’un article unique acheté à la pièce avec un prix cible variable. Ils ne gèrent pas non plus la notion de plafond légal annuel, ni les deux types de retour.
On aurait pu tordre un outil existant pour qu’il corresponde à peu près. On l’a écarté. Le temps de configuration, les abonnements, les fonctionnalités inutiles qui alourdissent l’interface, et au final un outil qui ne fait pas exactement ce qu’on veut : c’est souvent plus coûteux sur la durée.
La technique, sans jargon
L’application tourne dans un navigateur. Pas d’installation, pas de mise à jour manuelle. iPhone, Android, Mac, PC. Les données sont en ligne et accessibles partout.
C’est le même type d’architecture qu’on utilise pour nos sites web sur mesure : léger, rapide, maintenable, qui ne se retrouve pas bloqué au bout de deux ans faute de maintenance. On a détaillé cette philosophie dans notre article sur nos choix techniques.
L’interface a été pensée mobile-first, parce qu’elle l’utilise souvent depuis son téléphone, à la brocante ou pendant un live.
Ce que ce type de projet implique
Un développement sur mesure commence par du cadrage. Pas des jours de réunion : un travail précis sur ce qu’on fait, ce qu’on ne fait pas, comment les données circulent.
Pour ce projet, les questions importantes étaient simples : combien d’articles en rotation, un ou plusieurs utilisateurs, accessible en déplacement ou pas, quelles informations sont vraiment utiles. Ce dernier point est souvent le plus révélateur. Beaucoup de fonctionnalités qui semblent indispensables en phase de brief disparaissent quand on pose la question “en pratique, vous utilisez ça comment ?” L’application finale est toujours plus légère que la liste initiale.
Vik : « Les meilleurs navires, c’est pas ceux qui ont le plus de mâts. C’est ceux qui ont exactement ce qu’il faut pour aller là où ils doivent aller. »
Pour qui ça a du sens
Les activités avec une logique métier un peu spécifique : artisans qui suivent des chantiers, prestataires qui gèrent des devis complexes, revendeurs avec des achats à la pièce. Partout où un tableur a remplacé un outil qui n’existe pas encore.
Si vous en êtes là, la question mérite d’être posée. Pas pour foncer vers du sur-mesure systématiquement, mais pour voir si la friction du quotidien a une réponse directe.
Pour les activités du Valenciennois qui se posent la question, c’est par notre page web et digital que ça commence.
Sources
- Revenus des plateformes collaboratives — Service Public — seuils de déclaration pour les ventes en ligne (2 000 € / 30 transactions)
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